ÉCORCE

var ESCORCE

ÉCORCE Sciences de la nature - Botanique

nom fém.

Etym FEW XI, 328a scortea

Enveloppe du tronc, des branches et des racines des plantes qui contiennent du bois et qu’on peut détacher du bois qui se trouve juste en-dessous. Cette enveloppe est double: elle présente une partie extérieure dure et une couche plus molle à l’intérieur.

Notes

  • Note encyclopédique

    Comme on le voit dans la citation, la comparaison avec les animaux ou les êtres humains est souvent utilisée au Moyen Âge pour appréhender la vie des végétaux. [F. Vigneron]

  • var ESCORCE

Citations

  • Et aprés les escorces sont es plantes aussi comme le cuir est es bestes, fors que tant que l’escorce ne tient pas si fort a l’arbre, comme fait le cuir aux bestes. Et aussi comme quant aucune partie du cuir de la beste est escorchie au long ou au travers, elle n’est pas tost reparee ne sanee qu’il n’y ait aucune trache, aussi est il es escorces des plantes. Et pour ce les plantes seichent souvent, quant on leur oste l’escorce d’autour la souche jusques a la char de la plante. Et n’est pas l’escorce de la purté de veinnes comme le cuir est es bestes, mais il est de la matiere terrestre qui est boutee hors de la plante. Elles ont double escorce : l’une dedans qui est plus douce et plus molle, l’autre dehors qui est plus dure et plus aspre.
    Anon. [Pietro de' Crescenzi], Livre des prouffitz champestres et ruraulx, 10227, 1373, II, 4, fol. 28 v.

ÉCORCE Sciences de la nature - Botanique

nom fém.

Etym FEW XI, 328a scortea

Enveloppe plus ou moins dure d'un fruit, d’une graine ou d’un noyau.

Notes

  • Note encyclopédique

    Le français médiéval n’emploie pas le terme de peau pour les fruits; on ne le trouvera qu’à partir du XVIe siècle. Le nom escorce apparaît comme général et on voit dans la citation de Pietro de’ Crescenzi à propos des féveroles, qu’à côté de ce substantif, l’ancien français connaît également cosse qui ne s’appliquera pas à tous les contextes possibles pour escorce. La synonymie entre écorce et écaille semble fonctionner surtout pour les fruits à coque, telles les amandes, pour désigner soit la coquille, soit le brou; mais à proprement parler, le nom escaille implique une dureté qui correspond au sens de “coque”, l’emploi dans l’acception “brou” se faisant, en somme, par extension. Dans la citation 5 de Pietro de’ Crescenzi ci-dessous, escorce signifie “coquille”, tandis que dans la citation 6, il s’agit du brou. [F. Vigneron]

  • syn ÉCAILLE

    hyp COSSE

Citations

  • Al poumont vamment cestes choses : [...], char qui n'est pas trop crasse, mais entrelardee, la meeule des feves sens l'escorce...
    WATERFORD, COPALE, Le Secré des Secré, fin XIIIe s., p. 125, L
  • Cestes choses confortent l'estomac : [...], coing et l'escorce de pommes citerin...
    WATERFORD, COPALE, Le Secré des Secré, fin XIIIe s., p. 128, LII Cit à enlever et à mettre en diététique : je m’en charge CS)
  • Et cueult l’en les cosses ou escorces [des féveroles] l’une aprés l’autre, quant l’en apperchoit a leur blancheur que elles sont meures, et les met on sur draps ou lenges seichier au soleil..
    Anon. [Pietro de' Crescenzi], Livre des prouffitz champestres et ruraulx, 10227, 1373, III, chap. 10, fol. 62r.
  • La figue est composee de trois choses : de graine, qui est la semence, et de sa poulpe et aussi de son escorce. La nourriture de la semence est nulle, car c’est comme sablon ou gravois. L’escorce est seiche comme un cuir ; et pour ce est elle tres dure a digerer. La char, qui est la poulpe, est nourrissant et si dissoult.
    Anon. [Pietro de' Crescenzi], Livre des prouffitz champestres et ruraulx, 10227, 1373, V, chap. 12, fol. 116r.
  • Almendier est un arbre assez congneue ; et en sont deux manieres en fruit : l’un porte fruit doulz, et l’autre amer. Les douls sont bons en viande et les amers, pource qu’ilz sont plus chaus, valent en medicine. Aussi sont aucuns qui ont dures escorces et les aultres deliee et soubtille. Aucunes almendes sont longues et les aultres rondes, les unes grosses et les aultres menues ; et celles qui sont grosses et rondes sont les meilleurs, qui ont l’escaille plus deliee.
    Anon. [Pietro de' Crescenzi], Livre des prouffitz champestres et ruraulx, 10227, 1373, V, chap. 2, fol. 105v.
  • Quant l’escorce se euvre et se depart du noel, elles [les amandes] sont meures.
    Anon. [Pietro de' Crescenzi], Livre des prouffitz champestres et ruraulx, 10227, 1373, V, chap. 2, fol. 106v.

ÉCORCE Médecine - Médecine

nom fém.

Etym FEW XI, 328a scortea

Débris, fragment notamment d'os ou de parties de la chair.

Notes

  • var ESCORCE

    var ESCORCHE

  • syn ECHARDE

Citations

  • [...] aussi quant elle est en la vessie les contens de l'orine sont blans et nues tenves, escorches ou eschardes blanches.
    Martin de Saint-Gilles, Comment. Aphorismes Ypocras, 1363, 158.
  • [...] [faire] cheoir les escorces d'os.
    Nicolas Panis [Guy de Chauliac], Chirurgie, ca 1450, tr. IV, doct. 1, chap. 1.

ÉCORCE Médecine - Anatomie

nom fém.

Etym FEW XI, 328a scortea

Couche d’un membre* du corps.

Notes

Citations

  • [...] selonc les escorces de la cornee.
    Nicolas Panis [Guy de Chauliac], Chirurgie, ca 1450, tr. IV, doct. 2, chap. 2.

ÉCORCE Médecine - Médecine

nom fém.

Etym FEW XI, 328a scortea

Partie supérieure et desséchée d’une plaie, croûte.

Notes

Citations

  • Medicine cicatrisative et sigillative selonc Avicenne est celle qui desseiche la superficie de la playe affin que soyt faicte escorce sus ycelle qui la garde de nuysemens jusques que soit engendré le cuir naturel.
    Nicolas Panis [Guy de Chauliac], Chirurgie, ca 1450, tr. VII, doct. 1, chap. 6.

ÉCORCE Médecine - Diététique

nom fém.

Etym FEW XI, 328a scortea

Enveloppe d’un fruit, d’une graine ou d’un noyau, en tant qu’elle est a un effet sur la santé.

Notes

Citations

  • L’autre jour fai sainie de la vaine dou foie ou d’aucune des autres vaines selonc la position de la matere et adonc leve le malan de lait cler de chievre teve et o vin aigre teve et le sece o .1. drapiel vies et met pourre de nitre transmarin tres blanc et escorce de grenate et tan et face au matin et au soir ce u cuis le jus de celidoine o miel et fai onction u autrement.
    Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 33v.
  • Encore contre la crance es gencives dois savoir que les gencives sunt a le fie rungies et adonc les doit on laver en vin aigre .111. fois u quatre et puis froter le liu aveuc la decoction de keue de leu .1. poi devant les choses devant dites et aprés ce met sus la poudre qui ensiut la devant dite decoction et i met aucune cose qui confort la caleur naturel si cumme nois muscade, girofle, roses et sanlables choses a aucune chose consolidative et estraingnant si com l’escorce de pome de grenate et les os de dates et canele et aucune chose corrosive si com alun et pieretre et de siccatis si cum fuelles d’olive et ce sera miudre chose.
    Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 36v-37r.
  • Item. A çou [morphee blanche]. R. senevé de escore despurge scamonee ygaument, confis o le saïn de arondele ou de lievre ou patule fetide ou flammule ou fumeterre ou parle ou scabiose et oing.
    Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 50v-51r.
  • [Contre vairoles]. Cuis lentilles en eve et leve le pacient de cele eve. Ja soit ce que la lentille soit froide, toutes voies s’escorce est caude et sa decocions est attractive, tu ne dois pas faire inonction que la matere qui veut issir ne demeure dedens.
    Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 64v.
  • Al poumont valent cestes choses : […] la meeule des feves sens l’escorce […].
    Jofroy de Waterford, Secret des Secrets, Diet., ca 1300, l. 589-94.
  • Cestes choses confortent l’estomac : […] coing et l’escorce de pommes citrin […].
    Jofroy de Waterford, Secret des Secrets, Diet., ca 1300, l. 640-41.

ÉCORCE Médecine - Diététique

nom fém.

Etym FEW XI, 328a scortea

Partie recouvrant la mie du pain, croûte du pain qui est peu nourrissante.

Notes

Citations

  • Le grant pain at mout de mie et poi d'escorce et tenneve. L'escorce –ou la "croste" – poi nourist et dure est a defire, le ventre destraint et tout delivrance.
    Jofroy de Waterford, Secret des Secrets, Diet., ca 1300, l. 1990-91.