verbe
date ALTÉRER
FEW XXIV 366a : alterare MUER En ancien français, le verbealtérern'a pas de connotation systématiquement négative, il est neutre dans le domaine botanique, ce qui explique qu'il soit synonyme demuer, qui indique simplement une transformation de la plante, sans jugement particulier. (F. Vigneron). Il advient aussi aulcunefois que pour alteracion et aucuneffois pour froidure une plante estalteréeet est muée en aultre espece d'arbre et de plante et aulcuneffois selon le tout et aucunefois selon partie. Anon. [Pietro de' Crescenzi], Livre des prouffitz champestres et ruraulx, Vérard, 1373, II, chap. 9, fol. 21r. Se modifier, se transformer, pour une plante. CORROMPRE Ce verbe est notamment utilisé pour décrire les mécanismes mis en oeuvre lors de la formation des membres* spermatiques*, ou encore la façon dont des matières extérieures au corps comme l'air sont traitées quand elles le pénètrent. Le plus souvent, il intervient donc dans la description de processus physiologiques. (I. Vedrenne-Fajolles) .2. utilités sont pour quoi les pertuis de ces os furent tortus es oreilles : La .1., que l'air qui passe par aus cervel soitalteré, qu'il ne blece le cervel et que l'air soit desgradé par moult de revolutions ; la .2., car les sons, s'il sont excellens et orribles, s'il passoient soudainement et droit au cervel, il le bleceroient, car le son sensible excellent corront le sens, mes par sa longue demeure es dites tortuosités est apeticee l'excellence de lui. Anon. [Henri de Mondeville], Chirurgie, 1314, chap. 175, p. 52. La .2. Quant le venin est trait et mis hors, nous devonsaltererles choses demourans, et ce dit Galien ou lieu dessus dit, et sus ces ruilles est fondee toute la curation et totes les ruilles qui ensuient. Anon. [Henri de Mondeville], Chirurgie, 1314, chap. 1770, p. 114. les autres dient que c’est pour le deffaut de vertu informative qui ne parfait son operacion fors moien le spermealterées genitoires, et que ce qu’il a es voines n’est pas suffisant a telle restauracion faicte [sic corr : faire] ; en moult de manieres chacun en parle ; Martin de Saint-Gilles, Comment. Aphorismes Ypocras, 1363, p. 170. et ainsi combien que les membres sanguins puissent estre reparez, toutevois les membres spermatiques et nervuz ne le pevent estre, car la vertu assimulative n’est pas assez forte en eulx, si a leur nourrissement trop grant mestier d’estre plusalteréque cellui des membres sanguins ou charnuz Martin de Saint-Gilles, Comment. Aphorismes Ypocras, 1363, p. 170. Modifier, transformer les qualités* d'un organe*, d'une substance corporelle.