nom fém.
date ALUINE
FEW XXIV 346a : aloxinum ALOINE ALUISNE ALUNE ALUYNE ABSINTHIUM Selon Joret (1889), l'absinthe (Arthemisia absinthium L.) aurait pris le nom d'aloineà cause de son amertume, proche de celle de l’aloès. D'après Ruelle (1967),aloineviendrait de l’ancien nom latinaloxinum. D'après les ethno-botanistes, cette plante est encore connue régionalement sous les dénominations secondaires d'aluine, d'herbe aux versou encore d'armoise amère. (IVedrenne-Fajolles) Voir aussi glos. G. Malandin et P. Lieutaghi, p. 315. Estuves sont faites a de herbes chaudes consumantes, si commealuisne, calaman, origan, primevoire, sauge et semblables. Anon. [Henri de Mondeville], Chirurgie, 1314, chap. 1309, p. 14. Aluneest une herbe tres amere qui est chaude et seche, sicomme dist Diascorides. Il est deux manieres d'alune, dont l'une est verte qui a une saveur poingnant et amere. L'autre est blanchastre et n'est pas si amere ne de si grant vertu comme est l'autre. Jean Corbechon [Barthélemy l’Anglais], Proprietés de choses, 1372, XVII, 12, fol. 246r. Dealuyne. Anon. [Pietro de' Crescenzi], Livre des prouffitz champestres et ruraulx, 10227, 1373, table générale des matières, VI, chap. 8, fol. 4r. Absinchium, c'estaluine. Anon., Grant herbier (Secrets de Salerne), XVe s., p. 29. Herbe* au goût amer, blanche ou verte, absinthe. ALOINE ALOIGNE ALOISNE ALOINGNE ALUISNE D'après Joret (1889), l’absinthe était un des remèdes les plus usités de l’ancienne pharmacopée. "Dioscoride la regarde non seulement comme apéritive et digestive, mais encore comme purgative et diurétique, il la conseille dans la jaunisse, contre les morsures des animaux vénimeux, les contusions et les inflammations, ainsi que dans les maladies d’yeux, d’oreilles et de dents." (IVedrenne-Fajolles) Autre beivere: Lealoigneen autel manere En vin devez fere quire / E duner a beivre pur l’esplen; Cest vus garra e tost e bien. Anon., Novelle Cirurgerie, ca 1250, fol. 67r. Et li trop vomirs et grans abhominations remouvoir si est de boire .i. pau de semence de apie en vin, et jus d'aloisne, et mengier rosins qui ne soient mie meur. Aldebrandin de Sienne, Régime du corps, 1256, p. 70. Prendés premierementaluisne, et fuerre d’orge ou d’avaine et vous estuvés le visage au soir quant vous irés couchier, et au matin, vous lavés de couleure de retrait de fourment : ce vaut à blanchir le visage et nectoier Aldebrandin de Sienne, Régime du corps, 1256, p. 99. Autre bon e esprouvez [por dolor de chief] : Vitoigne gymauvaloinecelidoine plantain yeble sauge e l’escorce dou cahu prenez e .viii. grains de poivre. Si triblez tout ensamble e cuisiez en vin. Si embevez chasque jor a geun. Si vos atenez de mengier jusque la none. Anon. [Pseudo-Hippocrate], Lettre d'Hippocrate 1, ms. 693, 1240-1250, fol. 77v. De l'aluinevous rediron / Ce quë en Macrë en trovon. / Meins a chalor que celes n'ont / Dom les vertuz dites vous sont. / Au confort dou panceil est bonne / En quelque sen que l'en la donne. / Quant est cuite o liquor pleüe / E refredie e pes beüe, / Dou paceil vaut a maus divers E dou ventreil oste les vers / E amolit le ventre dur, / Esi le fet de dolor pur. / Bon est as reins e fet pissier / E les fames fet espurgier. Anon. [Macer], Herbier, ms. Princeton U.L. Garrett 131, ca 1250, v. 123-136. Unes berbelettes vermeiles nesent en la face et mut enleidissent la dame. Issi les poez oster : sengiez la dame suvent del braz de la veine capitale et faites ventuser del col et destemprez jus dealuineet de parele od alum et metez sure. Anon., Ornement des Dames, ap. 1250, p. 60. Encore [a mourer l’apostume de caude cause] pren fuelles d’aloisne, mains de mauves, cuis en eve et trivle autant de craisse et met tout caut desus et saciés quealoisneest dyaforetique ; ce assouage et meure et conforte les membres, mauve les assouage. Anon., Ornement des Dames, ca 1285, XIIIe s., fol. 20v. Se il [le festre] corrunt la sustance de l’os icele roisne que aucune corruptions ne remaigne illuec et sacés quant tante ne puet ataindre le fons dou festre, pren mirabolan etaloineyvelment et pourre et destempre o le jus d’aloisne, centauree u o le jus de celidoine u o miel et met de ceste likeur une goute u .11. u pertruis. Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 43v. A la cervelle fait bien : boen air et cler sens vent, sens fumee, sens nuee, aloé, time,aloigne, agarike, coloquintida, sené, touz les mirabolans […]. Jofroy de Waterford, Secret des Secrets, Diet., ca 1300, l. 520. Se uns verm i soit entrés par jus d'aloingneou d'aueroingne soit tuez, ou par orine, et par molle leigne soit hors menez. Jofroy de Waterford, Secret des Secrets, Diet., ca 1300, l. 560. Le foie confortent ces choses : (...) chastaingnes en petit numbre,aloingne, letuse de haie damache et savage […]. Jofroy de Waterford, Secret des Secrets, Diet., ca 1300, l. 686. qu'il prende vin ou on a cuit ysope etaloine, ces choses sont remedes a salut. Anon., Livre des simples medecines, 10227, 1373, ca 1470, fol. 4v. Cette herbe*, en tant qu'elle connaît différents usages médicinaux. Contra l'estopement del feie et contra la jaunice. Donnez le jus d'aluisneet d'escariole [...]. Anon. [Matthaeus Platearius], Livre des simples medecines, 2nde moitié du XIIIe s., p. 12. Cette herbe*, dont le jus est employé contre les maladies du foie. ALUINE PONTIQUE Platéaire distingue deux espèces : l'aluine pontique (à rapprocher vraisemblablement de la petite absinthe ou absinthe pontique ou romaine, Artemisia pontica L., Composées) et une autre aluine, un peu blanche et moins amère (qui peut être l'autre espèce employée, l'absinthe commune, Artemisia absinthium L., Composées). […] il en est de deux manieres, l'une qui est appelleealoine pontiquepource qu'elle croist en une ylle que on appelle Pontium et pource qu'elle a saveur pontique […]. Anon., Livre des simples medecines, 10227, 1373, ca 1470, BR IV 1024, fol. 14v. .ij. maneires sunt d'aluisne: li uns est diz ponticum por ce que l'en le troeve en celle ille qui est ensi apelez ou por ce qu'ele trait à savor de cooinz verz. [...] Li autres si est un poi blans et mains amers et a mains de force. Anon. [Matthaeus Platearius], Livre des simples medecines, 2nde moitié du XIIIe s., p. 11. Manière* d'aluine qui croît sur les terres de l'île du Pont.