nom fém.
date COULEUR
FEW II-2 922a : color La définition proposée ci-dessus suit Jean Corbechon, puisque les Anciens étaient loin de s'accorder sur le fonctionnement de la vue. En termes modernes, COULEUR est la «Qualité de la lumière que renvoie un objet et qui permet à l'œil de le distinguer des autres objets, indépendamment de sa nature et de sa forme» (TLFi, 27.07.12). Selon Aristote ou livre de Metheore,couleurest l’extremité de la clarté du corps qui est bien terminee, car le terme et la derreniere extremité de la chose corporelle visible si reçoit la differance descouleurs, selon la nature de la seingneurie des element qui sont uniz a celui corps et la represente a la veüe par la lumiere qui fiert desus ; et pour ce dist Aristote que lacouleuresmuet la veüe par la lumiere qui est sa perfection, car la lumiere est celle qui manifeste a le veüe la nature de lacouleurqui est es choses visibles Jean Corbechon [Barthélemy l’Anglais], Proprietés de choses couleurs, 1372, p. 367. Couleurest une lumiere encorporee ou corps ou elle est. Jean Corbechon [Barthélemy l’Anglais], Proprietés de choses couleurs, 1372, p. 371. Lacouleurnoire est privacion de lumiere et blancheur est lumiere pure et selon ceste oppinion il a entre blanc et noir moult decouleursdont chascune peut estre devisee en moult de degrez. Jean Corbechon [Barthélemy l’Anglais], Proprietés de choses couleurs, 1372, p. 371.

Lumière inhérente à une chose qui permet à l'œil de le distinguer des autres objets, indépendamment de sa nature et de sa forme.

COULORE Por quoi dois eschiever chaudes viandes et seches qui engendrent rougecouloree doit om mangier les viandes qui sunt de froide et moiste complexion, que la nature ne passe droite temprure […]. Jofroy de Waterford, Secret des Secrets, Diet., ca 1300, p. 113, XL. Cette lumière inhérente ou teinte, en tant qu'elle donne à la peau une apparence de bonne ou de mauvaise santé qui détermine le régime à suivre. COLOR COULOR COULOUR COULOURANCE COLORATION Et se li albathe est maligne, de putecoloret depuant, si covient que tu i amenistres cautere. Anon. [Albucasis], Cyrurgie, ca 1250, fol. 36rb. Et trai a chescun dou sanc selonc la quantiteit de sa vertu, et de lacolordou sanc. Car se li sans est noir, si en laisse issir tant qu'i1 soit rouges; et se tu lou vois gros, si lou laisse tant qu'il soit subtiliiez; et s'il est trop chaus, si le laisse refroidier. Anon. [Albucasis], Cyrurgie, ca 1250, fol. 61rb. Se c’est [enflure ou apostume des mameles], les mameles sunt aussi commecouleursde cendre et çou qui en ist acoulourbleue u blonde u cendreuse. Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 25v. Se tu veus prouver se ele [la morphee] est curable, poing le liu malade d’une aguille en tel maniere que li cuirs ne soit mie tous perciés et se li sans en ist legierement, ele sera curable legierement. Se humidités soutius en ist, on ne le puet curer. Autrement pues tu prouver, perce morpheam en .11. lius, se lacoulorsdou sanc qui en istra est naturel, c’est signes que li membres n’est pas corrumpus et que ele est natureus. Se li sans est non natureus, li membres est corrumpus et ne puet estre curés. Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 50r-50v. Cette lumière inhérente ou teinte prise par une partie du corps, le sang, l'urine, en tant qu'elle donne des informations sur la maladie, sur le traitement à y associer ou encore sur les effets du traitement. Couleur sanguine Nous apelon lescolors sanguinesunez traces vermeilles et roventez que nous voion en l’air quant le temps est seri. Mahieu le Vilain [Aristote], Meteores, ca 1285, I, chap. 5. Cescolors sanguinesque nous voion en l’air n’est fors por II causes : l’une est quant la luor fiert parmi la brune nue et se mesle avec l’espece, mez nequedent la nue n’est pas trop soutille que la luor i puist passer ne si grosse qu’elle refraigne. Mahieu le Vilain [Aristote], Meteores, ca 1285, I, chap. 5. Apparition lumineuse dans le ciel, photométéore.