nom fém.
date BRANCHE -1
FEW I 496a : branca BRANKE BRANCE BRANQUE RAINCEL VERGE

Au sens propre, que ce soit en ancien français ou français moderne, le nom branche désigne une partie de l'arbre, mais, étant donné que la définition de ce dernier est difficile à établir nettement, que ce soit au Moyen Âge ou de nos jours, le terme branche se trouve parfois employé pour des végétaux qui ne sont pas exactement des arbres, comme la vigne (voir l'article ARBRE). [F. Vigneron]

Les arbres sont en leur especes chaulx et moistes, la chaleur si euvre les conduis et transporte l’umeur, et l’umeur administre la matiere moiste habundant, sy que tantost se forme enbrancheset croist en hault par rainceaux et verges. Anon. [Pietro de' Crescenzi], Livre des prouffitz champestres et ruraulx, 10227, 1373, II, chap. 1, fol. 25v. Partie de l'arbre ou de l'arbret*, qui est faite de bois et qui pousse de façon latérale à partir du tronc.
Lebranchesde brioigne ardez en pudre, Mult menument la facez moldre, Od ewe seit pus destempree, La neire denz de ceo frotee: Blanches les averez de fi, Si vus sovent lé frotez si. Anon., Novelle Cirurgerie, ca 1250, fol. 63vb. De freine lesbranchesculerez, Enz al feu les arderez. Le ewe ki en ist par le chaline Ad en sei mult grant medicine. Cele liquor deit estre prise Od une culeree de miel mise. Anon., Novelle Cirurgerie, ca 1250, fol. 65va-65vb. Por noires denz anblanchir et embelir mecine : prenez lesbranchesde la vigne si en faites charbon et en frotez lez denz et ce faites sovent si seront blanches. Anon. [Pseudo-Hippocrate], Lettre d'Hippocrate 1, ms. 693, 1240-1250, fol. 84v. Autres bestes sont, si com cievres, qui ne manguent fors tenrun debrankes, cis lais valt miex à l’estomac. Aldebrandin de Sienne, Régime du corps, 1256, p. 183. Cette partie en tant qu'elle peut intervenir dans les soins du corps et indirectement dans le régime de santé (en fonction de la nature de la plante).

Il s'agit d'un emploi métaphorique du terme branche utilisé en botanique. [M. Goyens]

Li vainnes k’on sainne es mains qui sontbrancesde celes que nous vous avons nomees as bras, si couvient c’on loit le main à le jointure tot avant et mete le main en ewe caude, por ce que li vainne pert miex ; […]. Aldebrandin de Sienne, Régime du corps, 1256, p. 38. […] devés entendre et savoir que li viande ki vient à le fourciele ne porroit cuire sans le caleur du foie, et por che, li fist nature .v.brances, por bien porprendre le fons de l’estomac et por miex le caleur douner. Aldebrandin de Sienne, Régime du corps, 1256, p. 104. Ramification d'une partie du corps, comme un vaisseau sanguin ou le foie.
Branche ursine BRANCA URSINA Taxinomie moderne: Acanthus mollis L. (famille: Acanthaceae). [F. Vigneron] Branque ursineest chaude et moiste el segont degré. Anon. [Matthaeus Platearius], Livre des simples medecines, 2nde moitié du XIIIe s., p. 31. Branca ursina, c’est une herbe qui est ainsi apelléebrance ursine Anon., Grant herbier (Secrets de Salerne), XVe s., p. 43. Herbe* dont les feuilles rappellent la forme d'une patte d'ours. Branche ursine Fai adonc le malade baingner en eue chaude et ostes le restraintoire et fai fomentacions desus le lieu d’eue chaude ou mauves oubranche ursinesoient cuites. Anon. [Roger de Salerne], Chirurgie 1, Sloane 1977, XIIIe s., fol. 34vb. Se li ners est painiés de senie. R. Ferine de feves et pois commune et fai emplastre et met sus. Se li maladie est novele, on le doit conforter ; cuis roses et mirre et fai fomentation et ordene souffisaument les membres. Se la maladie est vies, pren mollificatis, si comme sunt mauves, bimauves, l’erbe de la violete,branche ursine; cuis les aveuc burre et met sus le liu pasmé sovent tant qu’il soit sanés et trai le membre souvent tant qu’il reviegne en son propre point. Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 10v. Cette herbe*, en tant qu'elle est utilisée pour ses vertus mollificatives*.