adj.
date DUR
FEW III, 193 a durus Des genitaries, pur emflure,Purez fere mult bone cure/De feves molues e destempreez/Od eisil entur lieez./Si freches sunt, temprez od mel,/Si dures sunt, od eisil. Anon., Novelle Cirurgerie, ca 1250, fol. 28.

Qui présente beaucoup de consistance et de résistance, en parlant d’aliments entrant dans la composition de recettes médicinales, en tant que cette caractéristique implique une préparation particulière.

On notera infra dans les citations que l’emploi est valable en médecine humaine et vétérinaire, les conceptions et termes étant souvent communs aux deux domaines au Moyen Âge. [I. Vedrenne-Fajolles]

[...] les autres [poisons] sunt vestus d’escales et ceus sunt en .ii. manieres, car les uns ont mout d’escales grosses et dures, les autres ont molt d’escales molles et sutilles. Jofroy de Waterford, Secret des Secrets, Diet., ca 1300, l. 1867-69. C’est, dit il, pource que li membre nutritif sont plus rare et plus poreus, Et ne sont mie si corpulent ne si dur que li membre solide sont. Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca 1380, I, 35, fol. 36v. [...] et avient en membre delitable et constringible, sicome est chair lacertouze et pour ce communement il vient en la face entre cuir et char et ne advient point trop en membres molz ne trop dur, comme sont les os. Anon. [Bernard de Gordon], Pratique Fleur de lys, ca 1470, II, 29.

Qui présente beaucoup de consistance et de résistance, en parlant des *membres, des parties du corps.

 
Dure-mère […] la toie que defend le cervel est del test, que est apelé la dure meire … si la dure mere est blescé […]. Cambridge O.I.20, éd. Paul Meyer, Romania, XXXII, 1903, p. 92. En quelcunque maniere la depeceure del tes seit, il est a doter de la bleceure des peaucellettes les queles envolupent le cervel, kar a la fiez la dure mere est blecee, a la fiez la pieue mere. Anon. [Roger de Salerne], Chirurgie 2, ca 1250, fol. 24vb. A la foiz la plaie est grant et a la foiz petite. Mais comment que la plaie soit grant ou petite, l'en doit garder se li os est brisiez ou non et doit on douter que les plaies ne soient routes, car a la foiz est route la dure mere, a la foiz la pie mere. Anon. [Roger de Salerne], Chirurgie 1, ca 1250, fol. 11ra. L’autre [riule] est que on doit metre desus dure mere drapiel de soie u de lin et non pas noviel, car il est trop aspres. Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 2v. R. ache, orpin et ausne, lancinee, jusbarbe, cennové, morele, racine d’yeule, fenoul, aloisne, consaude maiour, ceue de leu, tenrun de roinsse et du boutonier et de tout ygaument confis ensi, trivle les herbes a pareles et met le jus de cascune herbe a par li et i met miel escumé autant com du jus de .11. herbes et si met ferine de forment et le melle bien ensamble et le garde ; se tu ne pues avoir toutes les herbes que nous nomons, pren celes que tu poras et fai ongnement selonc cele doctrine, char c’est mult male chose de metre craisse en mult de plaies de ces brisures que ele ne chiee sus dure mere u sus pie mere et ne le bleche. Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 8v-9r. La. .3. cause est quant aucune fois la piece de l’os point la dure mere, car la dure mere est membre noble, mout sensible, et ces membres, selonc ce que dit Galien ou .7. livre de Megathegne ou .7. chapistre, ne soustiegnent pas grieves passions ne longues, et ces choses apparront plus es declarations. Anon. [Henri de Mondeville], Chirurgie, 1314, chap. 986, vol. 1, p. 234. […] telle matiere peut descendre de la dure mere a l’estomac par la colligance du cervel […]. Martin de Saint-Gilles, Comment. Aphorismes Ypocras, 1363, p. 208. Et ne doit mie ausi estre oublié, que cil doy nerf, les quels nature ausi fist concaves et creus et pour certaine fin, sont composé de .3. substances ; est a savoir de la propre substance de la cervele et des .2. piaus ausi qui le avironnent, qui sont appelees la dure mere et la piteuse mere, des quels .2. piaus il sont ausi vestu et avironné. Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca 1380, XXXI, 2, fol. 199v. Ainsi poet on veir en general le utilité des toyes desus dites ou des piaus qui contienent les .3. humeurs des yeuls, et qu'il estoit necessités de les multeplier et qu'il en fust plus de une pour .2. causes : premierement pour ce que la soubtille ne les peüst deffendre de la durté de l'os, et la trop grosse ausi les blechast de legier, pource dont convient il qu'il en y ewst .2. : l'une soubtille qui les avironnast sans nul moyen et sans elles blecier, et pource fu creee la rethine, et l'autre dure et forte qui de l'os dur ausi les deffendist, et pource ausi fu la dure creee. Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca 1380, XXXI, 2, fol. 203r. La secondine et l'autre toye ausi, qui resamble au grain du noir roisin, jointes ausi ensamble comme une espere, avironnent aprés les humeurs et les toyes desus dites, la secondine par derriere et l'autre par devant, aprés les queles ausi vienent la toye dure par derrier, et celle qui resamble a la corne luisant par devant, qui pareillement jointes ausi ensamble avironnent toutes les choses desus dites. et finablement vient la conjunctive, qui par devant lie et conferme tout ensamble, comme dit est. Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca 1380, IX, 2, fol. 152r. Se il avient que li nerf soient emflé et dur et doulereus et soient retrait, fai fomentacions de mauves et de guimaves et de branche ursine et de femigreu et de semence de lin. Anon. [Roger de Salerne], Chirurgie 1, ca 1250, fol. 35ra.

Méninge externe, épaisse et résistante, qui protège le cerveau et la moelle épinière.

taie dure gloss

L'adjectif est parfois employé de façon ellyptique, comme subst. fém., pour désigner cette membrane.

 

 

 
Ainsi poet on veir en general le utilité des toyes desus dites ou des piaus qui contienent les .3. humeurs des yeuls, et qu'il estoit necessités de les multeplier et qu'il en fust plus de une pour .2. causes : premierement pour ce que la soubtille ne les peüst deffendre de la durté de l'os, et la trop grosse ausi les blechast de legier, pource dont convient il qu'il en y ewst .2. : l'une soubtille qui les avironnast sans nul moyen et sans elles blecier, et pource fu creee la rethine, et l'autre dure et forte qui de l'os dur ausi les deffendist, et pource ausi fu la dure creee. Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca 1380., XXXI, 2, fol. 203r. La secondine et l'autre toye ausi, qui resamble au grain du noir roisin, jointes ausi ensamble comme une espere, avironnent aprés les humeurs et les toyes desus dites, la secondine par derriere et l'autre par devant, aprés les queles ausi vienent la toye dure par derrier, et celle qui resamble a la corne luisant par devant, qui pareillement jointes ausi ensamble avironnent toutes les choses desus dites. et finablement vient la conjunctive, qui par devant lie et conferme tout ensamble, comme dit est. Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca 1380., IX, 2, fol. 152r.

Sclérotique, l’une des membranes de l'oeil.

La Chirurgie de l’Abbé Poutrel, mise en français par Jehan de Prouville, se consacre essentiellement aux traitements des différents types d’apostume, ainsi qu’aux maladies qui touchent à l’apparence de la peau. Pour l’auteur du traité, le niveau de dureté (à plusieurs reprises associé à un niveau élevé de sécheresse, lequel traduit un déséquilibre humoral) semble être un critère de distinction pertinent entre les différents types d’apostume et permet de juger de l’évolution de ces maladies. Bien entendu, les apostumes qui se caractérisent par leur dureté doivent recevoir des soins qui prennent en compte cette caractéristique. [I. Vedrenne-Fajolles]

R. racine d’altee, liqurice novele, aus, trivle les forment ensamble, aprés i met ferine d’orge, semence de lin, de fenugrec et encorpore bien toutes ces coses et fai ongnement premier de dyanteet aveuc burre novel et met sus l’apostume dedens et dehors et ce vaut mult a dur apostume et en sec el quel nous devons faire remollitions qu’il ne s’endurisse plus et soit durs comme piere. Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 19r. [...] se mole enfleure en col u en liu nerveus trait et ele ne se remue et ele est dure par .11. mois u par .111., cele boce ne puet fistulee [...]. Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 39v. Ceste matere [de goute rose] est adés grosse et dure et seche meesmement quant ele est de cole aduste ou melancolie non naturel dont il la convient amolier et cuire aprés faire evacuacion de matere qui peche, fai toutes voies avant sainie ou met venteuses sous le menton, aprés convient remedes caus, car li frois ne departpas. Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 47v. Autre experiment a çou [contre la goute rose]. R. une once de blanc d’Espaigne et une once de vif argent et denree de souffre citrin et livre et .s. de vies craisse, pourre le souffre et le blanc d’Espaigne ensamble et melle le vif argent et le craisse et les bat bien en .1. mortier jusqu'a tant que il soient bien encorporé et aprés ce melle tout ensamble et fai ongnement et le garde et en use en tel maniere, leve avant la face de tres fort vin aigre sans terdre et aprés l’oing de cest ongnement .11. fois le jour ou .111. Cis ongnemens vaut contre les dertres et contre les autres infections dures. Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 49v-50r. car saine ne puet pas esvuidier si dure humeur, frote morphee o .1. drapiel aspre et oing o petreleon aguisé o pourre de castore et s’ele n’est ensi curee en .111. jours, met venteuses desus o sacrification que tu traies issi la malvaise matere o garse sans venteuse et met dessus pourre faite de ieralogodion ygalment brullé en .1. pot, oing toutes voies ançois de sanc de lievre et taing adonc plagelle en cel sanc et met desus. Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 52v-53r. Nous dirons aprés des dures boces apparans par defors .s. des neus, des escroeles, des glans, des porions et d’autres maladies apparans par dehors qui apartienent a ciurgie et dirons au premier des escroeles les queles sunt apostumes dures. Note toutes voies k’eles ne sunt pas apelees apostumes proprement, car la matere d’apostume [...]. Jehan de Prouville [abbé Poutrel], Chirurgie, ca 1300, fol. 65v-66r. Et saches que se li emfles est en tel lieu et soit durs et noirs et doulereus et monte amont, saches que la plaie est mortels. Anon. [Roger de Salerne], Chirurgie 1, Sloane 1977, XIIIe s., fol. 43va. Se il avient que li nerf soient emflé et dur et doulereus et soient retrait, fai fomentacions de mauves et de guimaves et de branche ursine et de femigreu et de semence de lin. Anon. [Roger de Salerne], Chirurgie 1, Sloane 1977, XIIIe s., fol. 35ra. De la quarte espece qui est acatharacte, ainsi comme cytrine, je dis que entre les autres elle est dure et ronde. Et quant tu la vouldras ouvrir avecques l'aguille, au commancement tu ne la dois pas mectre par ambas, car elle n'y pourroit pas entrer pour raison de la rotondité et de la duresse qui est en elle. ANON. [Bienvenu Raffe], Compendil pour la douleur et maladie des yeux, ms. BNF fr. 1327, XVe s., fol. 46r.

Qui présente une consistance ou une résistance contraire à l'état sain, en parlant d'un *membre, d'une partie du corps malade, ou d'une matière* corrompue, manifestant une maladie.

 
Aprés ce respont Aristotes selonc son oppinion, et samble qu'il woeille dire ainsi, qu'il poet bien estre que la ptisane de forment ha aucunes bontés, mais elle est de dure digestion et forte, ausy que s'il wolsist dire que la ptisane de orge est de meillour digestion et per consequens plus pourfitable et plus legiere, car li orges, dit il, n'est mie seulement plus moistes que li formens, ains est plus frois. Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca 1380., I, 36, fol. 37r. Et semblablement tu luy donras diete qu'il se garde de mangé viandes contraires et aigres, ainsi comme sont grosses chers qui engendrent fumositez, et aussi des viandes qui sont de dure digescion. ANON. [Bienvenu Raffe], Compendil pour la douleur et maladie des yeux, 10227, 1373, ms. BnF fr. 1327, XVe s., fol. 56r.

Qui oppose de la résistance aux processus naturels, notamment à celui de la digestion.

 
CRUEL […] une aultre vigne appellé Albatica, qui moult doubte tempeste d’orage et fait cruel et dur vin […]. Anon. [Pietro de’ Crescenzi], Livre des prouffitz champestres et ruraulx, Bonhomme, 1373, livre IV, chap. 4, fol. 72r.

Qui procure une sensation gustative sans rondeur, sans moelleux, en parlant du vin.