AIR

AIR Sciences de la nature - Physique

nom masc.

Etym FEW XXIV 221a : aer

Un des quatre éléments* naturels qui constituent le monde sublunaire*, caractérisé par ses qualités* chaudes* et humides*.

Notes

Citations

  • […] iiii. elemenz que Diex fist et assist l'un par dedenz l'autre. Ce est feus etairset yaue et terre, de coi li uns se serre en l'autre, et li uns l'autre soustient en tele maniere que la terre se tient en mi. Li feus, qui est premierement, enclot cestairou nous sommes, et cistairsenclot l'yaue après, qui entour la terre se tient.
    Gossuin de Metz, Image du monde prose, ca 1247, p. 92.
  • L'aerqui est desous ceste espere circulaire du ciel, il convient par neccessité que il soit eschaufé par le mouvement de elle.
    Nicole Oresme [Aristote], Livre du ciel et du monde, 1377, II, 15, p. 432.
  • L'element du feu est plus legier que l'element de l'aerde tant comme l'aerest plus legier que l'eaue.
    Nicole Oresme [Aristote], Livre du ciel et du monde, 1377, II, 11, p. 402.
  • Nous devons dire que li airs purs et simples sans autre chose estrange n'est pesans ne legiers en son espere propre, ne nuls des autres elements.
    Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca. 1380, XV, 12 , fol. 118r.

AIR Sciences de la nature - Météorologie

nom masc.

Etym FEW XXIV 221a : aer

Matière élémentaire, chaude* et humide*, qui entoure la terre.

Citations

  • L'airqui est vers la ceinture est moult froit, por ce que il est loing de la terre, la ou les rais du soleil font calor.
    Mahieu le Vilain [Aristote], Meteores, ca 1285, I, fol. 12vb.
  • Il sembleroit que les estoilles et le ciel ou les cielz ou elles nes sont ne soient pas d'une nature et d'une espece tres especial aussi comme sont les parties deaerpur et simple et d'eaue pure et simple.
    Nicole Oresme [Aristote], Livre du ciel et du monde, 1377, II, 15, p. 432.
  • Li airs tent et desire tousdis a monter droit en hault pour sa legiereté et pour ce estent il ainsi du lonc de bas en haut et non pas de costé.
    Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca. 1380, XV, 12 , fol. 117v.

AIR Sciences de la nature - Météorologie

nom masc.

Etym FEW XXIV 221a : aer

Matière élémentaire, chaude* et humide* qui se combine aux autres éléments pour former les phénomènes de la région sublunaire.

Citations

  • Icestui lieu est quemun al'airet a l’eve en tant que del'airest faite eve quant les vapors s’engrossent a devenir pluie et del'airquant lez vapors del'airmontent enl'air.
    Mahieu le Vilain [Aristote], Meteores, ca 1285, I, fol. 12va.
  • Quantl'airdevient eve por refroidement, il se convertist premierement en forme de nue.
    Mahieu le Vilain [Aristote], Meteores, ca 1285, I, fol. 12vb.
  • Le ray du soleil qui passe par une fenestre n'est pas meu aveques l'aerque le vent emporte ou chace, mais samble demourer tout un combien que non soit, car n'est pas du tout semblable.
    Nicole Oresme [Aristote], Livre du ciel et du monde, 1377, II, 2, p. 290.
  • Li airs qui est en grant espace et largue et en grant quantité est plus traveilliés et agités des vens et des fumees qui passent que li petit airs n'est dedens son lie estroit pour ce qu'il n'est mie si habandonnés ne exposés a choses dessusdites.
    Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca. 1380, XV, 18 , fol. 119v.
  • Le ymagination de Aristote gist en ce que li airs ha toutes ses parties jointes et continuees ensamble et telement entretenans l'une a l'autre que quant l'une se moet, l'autre qui est derriere necessairement le sieut car autrement li lieus demourroit vuis, ce que nature ne porroit soufrir.
    Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca. 1380, XV, 21, fol. 120r.

AIR Sciences de la nature - Météorologie

nom masc.

Etym FEW XXIV 221a : aer

Matière qui constitue le corps des démons

Citations

  • Chascun homme mortel a .II. autres anges appellés genius bonus et genius malus; et le bon quant il se veult monstrer, il se fait ou forme corps du hautaer, et le mauvés du basaer.
    Nicole Oresme [Aristote], Livre du ciel et du monde, 1377, II, 1, p. 290.

AIR Sciences de la nature - Physique

nom masc.

Etym FEW XXIV 221a : aer

Lieu* caractérisé par la prédominance de l'élément* chaud* et humide*, en tant qu'il est nécessaire ou hostile à la vie d'espèces données.

Citations

  • […] car le lieu de la generacion doit avoir proporcion ad ce qui est engendré, aussi comme il est gardé en lieu proporcionnel, autrement ne pourroient les choses estre engendrees ne gardees ; le poisson ne pourroit estre nourri ne engendré en l’air, combien qu’il soit plus atrempé que l’eaue et aussi ne seroit l’omme en l’eaue ; et la cause si est que l’airn’est pas le lieu proporcionnel aux poissons, ne l’eaue a l’omme.
    Martin de Saint-Gilles, Comment. Aphorismes Ypocras, 1363, p. 128.

AIR Sciences de la nature - Météorologie

nom masc.

Etym FEW XXIV 221a : aer

Lieu au-dessus de la terre et en dessous de la lune, où se produisent les météores*.

Citations

  • Plusors autres vens ne peuent pas venter enl'air.
    Mahieu le Vilain [Aristote], Meteores, ca 1285, II, fol. 27vb.
  • Li airs en son espere contient trois parties : la premiere et la souveraine qui joint a le espere du feu, laquelle est chaude et seche u regart des autres parties [...]L'autre partie del air est celle qui est cy dessoubs qui nous avironne sans moyen laquele retient plus proprement la nature del air que les autres ne font et pour ce est elle plus proprement ausi chaude et moiste comme li airs doit estre par nature que les autres parties ne sont combien qu'elles soyent toutes de ceste nature u regart des autes elemens. Et la tierce partie est la moyenne qui est entre ces 2, laquele est froide et moiste de le ordonnance de nature universele pour les impressions neccessaires au monde qui s'i font et qui sanz ceste froidure ne se porroient convenablement faire.
    Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca. 1380, XV, 19 , fol. 120r.

AIR Sciences de la nature - Météorologie

nom masc.

Etym FEW XXIV 221a : aer

État de la matière élémentaire qui entoure la terre.

Citations

  • Ces .III. vens font volentiersl'aircler et seri, se ainsi n’est que il face trop grant froit, quar adont refroident il sil'airque il engroissent trop lez buees, por quoi se il sont trop frois et non pas moult fors ne moult grans, adont font ill'airnebuleuz par lor froidor et par lor groissor et por ce que il ne sofflent pas trop gros, il ne les boutent pas ensuz de nous, por quoi il est ainsi que, quant il sont trop frois et ne ventent pas gros, adont laissent ill'airplain de nuez.
    Mahieu le Vilain [Aristote], Meteores, ca 1285, II, fol. 27vb.

AIR Médecine - Médecine

nom masc.

Etym FEW XXIV 221a : aer

Élementé* où domine le chaud* et l'humide*, en tant qu'il est dangereux pour certaines parties du corps.

Notes

  • Note encyclopédique L’air élémenté, par rapport à l’air élément, est l’air tel qu’il apparait en dehors de son lieu naturel. L’air élément, qui est aussi l’air supérieur, est l’air dans ses qualités les plus pures, alors que l’air élémenté, qui est l’air d’ici-bas, est mixte et peut avoir d'autres qualités. Cette dichotomie élément / élémenté, qui ordonne l’univers, se retrouve pour le feu, l’eau et la terre. Il y a néanmoins deux façons de concevoir l’impureté de l’élémenté, comme l’a parfaitement montré Claude Thomasset, dans Une vision du monde à la fin du XIIIe siècle. Commentaire du dialogue de Placides et Timéo, Genève, Droz, 1982, p. 54 : « ou bien les éléments sont purs, mais altérés par des corps étrangers, ou bien ce sont des composés de plusieurs éléments. La seconde opinion est, de loin, la plus répandue ». Une autre caractéristique du corps élémenté est d’être perceptible. C’est d’ailleurs un des critères entrant dans la définition de l’élémenté donnée par Guillaume de Conches, Philosophia, I, 19 sq, sans doute l’un des premiers à avoir utilisé cette notion. Sur le sujet, voir T. Silverstein, « ELEMENTATUM : Its appearrance among the Twelfth-Century Cosmogonists »,Mediaeval Studies, XVI, 1954, p.156-152. (C. Silvi)

Citations

  • Car quant ilz [membre dedens, spécialement estomac, foye, bouiaux] sont gaires dehors, l’aircorrompt leur complexion naturelle et en acquiert une male complexion et qualité si que quant ilz sont boutez dedens ilz ne peuvent estre gouvernez, ne leur complexion naturelle retournee par nature et par la vertu du corps, et ainsi sont hors du gouvernement de nature […]
    Martin de Saint-Gilles, Comment. Aphorismes Ypocras, 1363, p. 215.

AIR (Air crespé) Sciences de la nature - Météorologie

nom masc.

Etym FEW XXIV 221a : aer

Air matinal chargé d'humidités et brumeux.

Citations

  • Et se il fust chose que il n’eust eue entor ton manoir, tu la dois querre en cete maniere : le matin devant que le soleil lieve en aost, tu demoras encontre orient, le menton sor terre, et regarde tout droit la ou tu verras lever l’aircrespe, autresi come une nue deliee en semblanse d’espandre rosees ;
    Brunetto Latini, Tresor, 1268, p. 226.

AIR Médecine - Médecine

nom masc.

Etym FEW XXIV 221a : aer

Élémenté* ou domine le chaud* et l'humide*, qui pénètre dans le corps par le nez ou la bouche, grâce à la respiration, pour refroidir des organes* principaux comme le cœur et le poumon, et en est ensuite expulsé, dans un mouvement permanent.

Citations

  • […] aucunefois, on ne peut attraire l’airau cuer et au poulmon, qui est apelé aspirer, pour ce que les membres dessus dit [lacertes de la poitrine, et peut-être dyafragme, canne du poulmon, gorge, epiglotum cités plus haut] ne se pevent ouvrir, ne dislater, ne estendre, et est appellee ceste maniere hanelozitates, ou difficulté d’alener ;
    Martin de Saint-Gilles, Comment. Aphorismes Ypocras, 1363, p. 203.
  • […] aucunefoiz, l’omme s’apareille d’atraire l’airet se drece a soy lever, et ne peut néant soustenir sur la poitrine, et ceste maniere est apelee hanelitus, ou halainement profoqué, ou suffoqué, ou destaint ;
    Martin de Saint-Gilles, Comment. Aphorismes Ypocras, 1363, p. 203.
  • […] l'airatrait dedens est expellé, et fait son par dehors, pour ce qu'il yst par estroit pertuis.
    Martin de Saint-Gilles, Comment. Aphorismes Ypocras, 1363, p. 101.

AIR Médecine - Médecine

nom masc.

Etym FEW XXIV 221a : aer

Conditions naturelles extérieures, à la fois ce que l'on respire et ce qui entoure le corps, en tant que l’un des non-naturels* influençant l’état de santé.

Notes

  • Note encyclopédique C'est ainsi que se rangent sous 'air' les conditions climatiques spécifiques et leurs influences sur le fonctionnement physiologique et la santé. (I. Vedrenne-Fajolles)

Citations

  • Et se ces plaies sont petites et simples, si est li cure legiere: et est que tu mettes ens ceste poudre qui soude ainsois que liairl'ait muee.
    Anon. [Albucasis], Cyrurgie, ca 1250, fol. 48vb.
  • […] les choses non naturellez comme sont l'aer, boire, manger, dormir, veiller, traveiller, reposser, inanition et replection et les accidens de l'ame car icelles sont causes de toutes maladies et de santé.
    Anon. [Guy de Chauliac], Chirurgie, ca 1450, chap. sing.
  • Les causes foraines [d’avorter] sont de II manieres : ou elles sont de l’air, ou du mouvement [de l’air], si comme de trop grant et excessif ; et pour ce, en la region de midi, ou il a excedent chaleur, et en celle de septentrion ou il a excessive froideur, elles advortent plus que aillieurs, et especialment en midi ;
    Martin de Saint-Gilles, Comment. Aphorismes Ypocras, 1363, p. 109.
  • Les choses non natureles sont .vi., est a savoir leairqui nous avironne, le mouvement du cors humain et le repos, le repletion et le evacuation, le mengier et le boire, le dormir et le veillier, et les passions ou accidens de l’ame.
    Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca 1380, I, 1, fol. 5v.

AIR Médecine - Médecine

nom masc.

Etym FEW XXIV 221a : aer

Ce qui est respiré, en tant que s'y trouvent des matières malsaines et en tant qu'il diffuse les épidémies.

Citations

  • […] tiercement elles different car iliaque passion vient plus et est causée d’airpestillencieux, et colique [non] […]
    Martin de Saint-Gilles, Amphorismes Ypocras, 1362-1363, p. 200.
  • Cil meismes qui estoient prisonnier et habitant en malvaisairne se moroient point ou li autre habitant en bon air et loable et net quant a nostre apparence se moroient.
    Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca 1380, I, 7, fol. 14r.
  • Cils malvais airs dont ainsy corrumpus en tans de epydimie, comme je di, fait morir les gens hastivement et aucune fois ausy comme soubdainement, pource que liairs, le quel nous ne poons fuir la vie durant, car woeillons ou non, nous atrayonsl'air, comme dit Galiens, tel comme il est, bon ou malvais, s'en va tout droit au coer sans moyen, Et lors pour sa venenosité corrunt les esperis de vie et les humidités qui sont entour le coer et les pourrit [...]
    Evrart de Conty [Aristote], Problemes, ca 1380, I, 7, fol. 14v.

AIR Sciences de la nature - Physique

nom masc.

Etym FEW XXIV 221a : aer

Milieu où se répandent sons et lumière.

Citations

  • Et pour ce devons nous savoir, pour mielx la chose entendre , que a la generacion du son, il y convient troiz choses necesserement, c'est a ssavoir une chose qui fiert et une autre ferue, et l'air qui est moyen en ceste chose, car il convient que la percussion dessusdite soit faite en l'air et que l'air s'en esmeuve et fremisse violentement.
    Evrart de Conty, Eschez moralisés, ca 1400, p. 135.